Jacques BAUD

Le colonel d’État-Major Général (EMG) Jacques BAUD est un ancien analyste du Service de Renseignement Stratégique (à l’époque : Groupe Renseignement et Sécurité), responsable des forces du Pacte de Varsovie, où il s’est distingué par son professionnalisme.

En 1988, s’appuyant son analyse de la situation en Roumanie lui permet de détecter que le président Ceaușescu mène une campagne de nettoyage ethnique à l’encontre de la minorité hongroise (le programme de « systématisation »).

Il alerte alors le ministère suisse des Affaires étrangères, qui lance une initiative avec quelques pays européens pour mettre fin à ce crime dans le cadre de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) (devenue depuis l’OSCE).

Durant cette période, alors en contact avec des représentants de la résistance afghane contre les Soviétiques, il rédige un manuel de déminage destiné au mouvement de résistance afghan d’Ahmed Shah Massoud.

Parallèlement à sa carrière professionnelle dans les services de renseignement, Jacques BAUD a commandé une compagnie d’élite puis un bataillon de chars Léopard, il a été promu au grade de colonel d’état-major général et a ensuite suivi toutes les formations nécessaires pour devenir général.

Il a toutefois préféré poursuivre sa carrière au service de la communauté internationale.

Son expertise en matière de relations internationales et de sécurité l’a conduit à travailler pour les Nations Unies, l’Union Africaine et l’OTAN.

En 1995, détaché auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, il a été conseiller du Contingent Zaïrois pour la Sécurité des Camps (CZSC) dans l’est du Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo) afin d’assurer la sécurité, de prévenir le nettoyage ethnique des réfugiés rwandais et d’assurer des tâches de médiation.

De retour en Suisse, à la demande du Département des affaires étrangères (DFAE), il propose la création du Centre International de Déminage Humanitaire de Genève (CIDHG) comme contribution de la Suisse aux Nations Unies et à la Conférence d’Ottawa de 1997 pour la lutte contre les mines antipersonnel.

Il est envoyé à l’ONU à New York, d’où il conçoit le CIGHG et le Système de gestion de l’information sur l’action contre les mines (IMSMA), qui est actuellement utilisé dans 70 pays.

Dans le cadre de ses fonctions, Jacques BAUD a participé à de nombreuses opérations sur le terrain dans plusieurs pays, notamment en Somalie, au Tchad, Afrique, où il s’est principalement consacré à des activités de déminage humanitaire.

En 2005, à la demande des Nations Unies, il dirige le premier service de renseignement civilo-militaire opérationnel de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), le Joint Mission Analysis Center (JMAC).

En cette qualité, il a négocié avec succès la libération de personnels d’une ONG européenne pris en otage par des rebelles armés au Darfour.

En 2006, il a déjoué un attentat terroriste islamiste contre la MINUS, dont les agents danois et norvégiens étaient visés en raison des caricatures représentant Mahomet, et a mené avec succès des missions de médiation dans plusieurs conflits armés locaux qui menaçaient le travail des organisations internationales au Sud Soudan.

Grâce à ses contacts tant avec les rebelles qu’avec le gouvernement, il a également joué un rôle décisif dans l’organisation de la Conférence de Haskanita (en octobre 2005) visant à mettre fin aux violences intertribales au Darfour.

Par la suite, en tant que chef du service des politiques et de la doctrine des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, il s’est penché sur la question de la protection des civils.

Au sein de l’Union Africaine, il a dispensé des formations à la Force Africaine en Attente (FAA). Ces missions visaient à assurer la stabilisation, la protection des populations civiles et le renforcement des institutions étatiques légitimes.

Grâce à sa connaissance de l’Afrique, il a contribué à la formation des forces du Dialogue méditerranéen de l’OTAN, notamment en matière de prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC) et de gestion des stocks de munitions.

Dans le contexte du conflit en Ukraine, alors qu’il occupait le poste de « chef de la section Armes légères et de petit calibre et lutte contre les mines » au sein de l’OTAN, Jacques BAUD a suivi les flux d’armes lors des premiers troubles dans le Donbass.

En 2014, en sa qualité d’expert des Nations Unies en matière d’État de Droit et de Réforme du Secteur de la Sécurité, l’OTAN a sollicité son aide pour la reconstruction des forces armées ukrainiennes.

Cette initiative, baptisée « Projet de Transition pour les Forces Armées Ukrainiennes », constituait un effort global visant à restructurer l’armée afin d’assurer une meilleure intégration au sein de la société ukrainienne.

Jacques BAUD était spécifiquement chargé de mettre en place et de superviser la réintégration du personnel militaire, y compris des militaires blessés, dans la vie civile après leur service, dans le but de réduire le chômage parmi les anciens soldats et d’atténuer les tensions sociales.

Il a également collaboré avec l’OTAN et les forces armées ukrainiennes dans le cadre d’un programme de déminage dans la région du Donbass.

Il a constitué une grande collection d’objets historiques liés au renseignement et à la guerre clandestine.

Certains de ces objets sont actuellement exposés dans le cadre de l’exposition «TOP SECRET» au Musée Militaire du Château de Morges (Suisse), qui retrace la guerre clandestine menée par les services de renseignement suisses et alliés dans leur lutte contre l’occupation nazie.

Il a publié de nombreux ouvrages techniques sur le renseignement et le terrorisme, dont plusieurs ont été utilisés par certains services de renseignement européens pour former leurs agents.

En 2004, il a reçu le prix AKROPOLIS décerné par le ministère français de l’Intérieur pour l’un de ses livres, une distinction attribuée aux ouvrages qui contribuent à mettre en lumière des enjeux majeurs liés à la justice et à la sécurité.

Laisser un commentaire

Translate »